Dans l'Aube, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 4 673 €/ha, sur 794 transactions de plus d'un hectare et 4 935 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se tient 6 % sous la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 1 % sous celle du Grand Est. Il occupe le cinquante-troisième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 2 689 et 12 668 €/ha, sur une surface médiane de 2,09 hectares.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Aube | Grand Est | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 4 673 | 4 878 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 2 423 | 2 612 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 10 036 | 10 405 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 774 | 5 729 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 5 010 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,1 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
C’est la trajectoire qui distingue l’Aube. La médiane départementale passe de 4 532 €/ha en 2021 à 6 916 €/ha en 2025, soit une progression de 52,6 % en euros courants, quand le national gagne 5,5 %. La hausse s’installe à partir de 2023 et ne s’interrompt pas. Le premier quartile suit, de 2 378 à 3 525 €/ha : ce n’est pas un effet de composition sur quelques grandes ventes, c’est tout le marché qui monte.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 162 | 4 179 | en attente | en attente |
| 2022 | 149 | 3 906 | en attente | en attente |
| 2023 | 176 | 4 056 | en attente | en attente |
| 2024 | 152 | 5 471 | en attente | en attente |
| 2025 | 135 | 6 100 | en attente | en attente |
La taille joue son rôle : 4 838 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 7 736 €/ha de 10 à 25 hectares, 12 510 €/ha de 25 à 100 hectares, 13 469 €/ha au dessus de cent hectares, sur cinq ventes dans cette dernière tranche.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Une évaluation les sépare, et dans l’Aube cette séparation est décisive parce que le département porte du chêne de qualité.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Elle distingue nettement les limons du Pays d’Othe, favorables au chêne sessile, des sols crayeux et superficiels de la Champagne, où la forêt est résiduelle et souvent plantée de pins.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un chêne de merrain à cent quatre-vingts ans, cette décote se motive ligne par ligne : le capital est immobilisé, mais il est de qualité rare.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée. Dans un département où 1 012 cerfs élaphes ont été prélevés en 2024, cette composante n’est pas marginale.
Deux propriétés de l’Aube vendues au même prix à l’hectare peuvent porter, l’une une futaie de chêne sessile de merrain, l’autre un boisement de pin sur craie sans débouché de valeur. Le prix médian départemental ne distingue pas ces situations : une évaluation les distingue.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne et feuillus, à l’ouest du département.
Secteur peu boisé, planté de pin sylvestre et de pin laricio. La station forestière est moyenne, mais le foncier est prisé grâce à la proximité de Reims et à une dynamique agricole soutenue, et la chasse y est demandée.
Chêne sessile de qualité, sur les limons de plateau. C’est la région forestière de l’Aube au sens propre, celle qui alimente les merrandiers et les scieurs de chêne d’Estissac, d’Aix-Villemaur-Pâlis et de Rigny-le-Ferron. Le secteur est bien desservi par les axes routiers et proche de Troyes et de Reims.
Le chêne sessile fait la valeur haute de l’Aube. Sa destination est le merrain et la tonnellerie pour la bille de pied, le sciage et la palette pour les qualités secondaires, et l’écart entre ces deux débouchés est considérable. Le hêtre et les feuillus divers accompagnent. Sur la craie, le pin sylvestre et le pin laricio dominent, avec une valeur bien moindre.
L’appareil local recensé compte 32 scieries, 200 établissements d’exploitation forestière et 526 entreprises de sylviculture, soit 972 établissements au total. Les unités structurées se situent à Saint-Julien-les-Villas, Brienne-le-Château, Estissac, Rumilly-lès-Vaudes, Aix-Villemaur-Pâlis et Rigny-le-Ferron. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Cette concentration de la merranderie et du sciage de chêne autour du Pays d’Othe est l’argument de valorisation le plus solide du département : un chêne de qualité y trouve preneur à courte distance, et cela se retrouve dans le prix net vendeur.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés auboises.
Le marché tourne autour de 160 ventes par an de plus d’un hectare. Les communes les plus actives sont Lentilles, Vanlay, Vendeuvre-sur-Barse, Piney, Châtres, Channes, Romilly-sur-Seine et Coussegrey. Les plus grandes opérations recensées se situent à Soulaines-Dhuys, six cent quarante-six hectares, à La Chaise, deux cent trente-sept hectares, à Mussy-sur-Seine, cent dix hectares, et à Vendeuvre-sur-Barse, cent sept hectares.
Trois profils se le partagent. Les professionnels du bois et les merrandiers achètent du capital sur pied de chêne, à la valeur technique, et connaissent la ressource mieux que les vendeurs. Les acquéreurs parisiens, attirés par la distance courte et la chasse, portent la cote de la Brie champenoise et de la Champagne crayeuse. Les investisseurs et les groupements forestiers visent les ensembles de plus de vingt-cinq hectares, rares mais recherchés.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point concerne la hausse elle-même. Une progression de 52,6 % en cinq ans est considérable et elle mérite d’être interrogée plutôt que célébrée. Elle porte sur un marché étroit, cent soixante ventes par an, où quelques opérations de belle taille suffisent à déplacer la médiane. Le premier quartile confirme le mouvement, ce qui la rend crédible, mais un vendeur ne doit pas en conclure que sa parcelle a gagné la moitié de sa valeur en cinq ans.
Le deuxième point est que la valeur de l’Aube tient à la qualité du chêne, et cette qualité ne se lit pas dans un prix à l’hectare. Une futaie de chêne sessile sans défaut, sur limon profond, et un taillis sous futaie dégradé du même secteur relèvent de deux mondes. Le premier trouve un merrandier, le second finit en bois de chauffage. L’écart de valeur de consommation entre les deux dépasse largement l’écart de prix du foncier.
Le troisième point est sanitaire. Le chêne subit les effets des sécheresses répétées et le frêne des fonds de vallée est atteint par la chalarose. Un cubage qui compte le frêne au même titre que le chêne surestime le capital.
Le quatrième point tient à la donnée. Les prix DVF sont tout compris, sans séparation du bâti. La mutation de La Chaise, deux cent trente-sept hectares affichés à plus de 36 000 €/ha, n’est pas un prix de forêt : c’est un ensemble. Aucune valeur ne se déduit d’une ligne DVF sans en connaître la composition.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Évaluer une propriété auboise suppose de mesurer le capital sur pied, de qualifier la station et surtout d’apprécier la qualité réelle du chêne au regard des débouchés de merranderie.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans l’Aube.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 4 673 €/ha entre 2021 et 2025, sur 794 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 6 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 2 689 et 12 668 €/ha.
La médiane départementale passe de 4 532 €/ha en 2021 à 6 916 €/ha en 2025, soit 52,6 % en euros courants, l’une des progressions les plus fortes de France sur la période. Le premier quartile progresse également, ce qui indique un mouvement de fond et non l’effet de quelques ventes exceptionnelles.
La Brie champenoise, à l’ouest du département, affiche la cote la plus élevée avec 7 469 €/ha, devant la Champagne crayeuse à 6 101 €/ha et le Pays d’Othe à 5 118 €/ha. La proximité de Paris et la demande de territoires de chasse expliquent ce classement, qui ne suit pas la qualité forestière.
Le chêne sessile domine le Pays d’Othe et fait la valeur haute du département, avec une destination de merrain et de tonnellerie pour les meilleures billes. Le hêtre et les feuillus divers accompagnent, tandis que la Champagne crayeuse porte surtout du pin sylvestre et du pin laricio, de valeur nettement inférieure.
Quatre vérifications s’imposent : la qualité réelle du chêne au regard des débouchés de merranderie, la part du frêne dans le capital sur pied, atteinte par la chalarose, la portance des limons de plateau et le calendrier qu’elle impose, le bail de chasse en cours avec son montant et sa durée résiduelle.
Une médiane de 4 673 €/ha ne remplace pas une visite : la méthode qui chiffre un massif est exposée sur la page de l’évaluation forestière, celle qui fixe son cap sur la page du plan simple de gestion. Le repère national auquel elle se compare figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France. Les stations du Brie champenoise, Champagne crayeuse ou Pays d’Othe sont décrites dans notre panorama des massifs forestiers de France, les termes employés ici dans notre lexique forestier, et la conduite d’une cession sur la page vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent