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Loir-et-Cher : le marché forestier où la grande propriété fait le prix

Treize pour cent des ventes dépassent vingt-cinq hectares, le deuxième taux des quatre-vingts départements publiés, et 135 mutations sur 1 194 se situent entre vingt-cinq et cent hectares. C'est ce qui fait le prix : 7 290 euros par hectare sous dix hectares, 16 542 de dix à vingt-cinq.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en Loir-et-Cher ?

La moitié des ventes se règlent entre 4 563 et 22 403 €/ha, sur une surface médiane de 3,01 hectares, l’une des plus élevées de France. Le Loir-et-Cher échange des propriétés, pas des parcelles.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, ventes de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025Loir-et-CherCentre-Val de LoireFrance
Prix médian (€/ha)9 9838 4645 323
1er quartile (€/ha)4 5633 9222 303
3e quartile (€/ha)22 40321 83414 976
Nombre de mutations1 1945 10586 327
Surface échangée (ha)14 661non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)3,0non publié2,3

Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.

La médiane progresse de 8,4 % en euros courants sur cinq ans, avec un sommet en 2022 puis un palier.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
202125710 000en attenteen attente
202221510 949en attenteen attente
20232589 827en attenteen attente
20242349 245en attenteen attente
202523010 774en attenteen attente

La taille commande tout, et le seuil est très net : 7 548 €/ha médians de 1 à 10 hectares, puis 18 410 €/ha de 10 à 25 hectares, sur cent cinquante et une ventes, 16 723 €/ha de 25 à 100 hectares et 16 369 €/ha au dessus de cent hectares. Le prix unitaire est multiplié par deux et demi au passage de dix hectares, puis décroît légèrement. Le segment le plus disputé est celui de la chasse familiale constituée.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Loir-et-Cher, la part du peuplement dans le prix payé est faible, et l’écrire est le premier service à rendre au client.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. En Sologne, elle intègre les étangs, les allées, les layons, les miradors et les clôtures, autant d’investissements incorporés qui ne relèvent pas de la sylviculture.

La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur les sables et argiles solognots, le pin sylvestre et le chêne produisent peu, et cette valeur est sans commune mesure avec les niveaux du foncier local.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée. Avec 22 793 sangliers prélevés en 2024, le Loir-et-Cher se classe au quatrième rang national, avec également 2 840 cerfs élaphes et 10 734 chevreuils. Cette composante domine les deux autres réunies.

Un hectare vendu 23 000 € en Loir-et-Cher ne porte pas trois fois plus de bois qu’un hectare vendu 7 500 €. Il porte un territoire de chasse constitué.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

La Sologne

Chêne, pin sylvestre et chasse, avec les chênaies de Russy et de Vierzon pour référence. Nos conseillers sont explicites : la demande se fait sur la chasse, même s’il existe de jolis massifs de douglas et de pin sylvestre.

Le Gâtinais

Chêne, pin sylvestre et châtaignier. Secteur recherché pour la chasse, dont la proximité de Paris fait la dynamique.

Le Perche

Chêne et hêtre, au nord-ouest. Même mécanique que le Gâtinais : secteur recherché pour la chasse, dynamisé par la proximité de Paris.

Le Val de Loire

Peupliers et feuillus alluviaux, sur la partie loir-et-chérienne du val. Nos conseillers y relèvent de belles forêts de chêne et une proximité parisienne qui dynamise la forêt comme la chasse.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le pin sylvestre solognot domine les surfaces, avec une valeur unitaire modeste et une destination de palette, de trituration et de bois énergie. Le chêne, présent en Sologne comme en Val de Loire et dans le Perche, porte la valeur haute. Le peuplier occupe les fonds alluviaux du Loir, du Cher et de la Loire.

L’appareil local recensé est étonnamment léger au regard des surfaces échangées : 15 scieries seulement, 173 établissements d’exploitation forestière et 323 entreprises de sylviculture, soit 845 établissements. Les unités structurées se situent à Chailles, Neuvy, Millançay et Mont-près-Chambord, aucune ne dépassant vingt salariés au recensement départemental. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Quinze scieries pour 14 642 hectares échangés en cinq ans, quatrième volume national : le rapport dit tout. En Loir-et-Cher, la forêt change de mains sans que le bois soit le sujet.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés de Loir-et-Cher.

La desserte
Le relief est nul. Ce qui compte est la qualité du réseau interne d’allées, de layons et de places de tir, qui relève de l’aménagement cynégétique.
Le morcellement
Le seuil de dix hectares multiplie le prix unitaire par deux et demi : c’est la taille à partir de laquelle un territoire de chasse devient autonome.
La pente
Sans objet sur la totalité du département.
La portance
Les sables et argiles solognots occupent la moitié sud du département et n’autorisent les chantiers qu’en période sèche ou gelée.
Le droit de chasse
C’est le premier facteur de prix, et de très loin. Clôture, étangs, miradors, plan de chasse attribué et historique de tableau pèsent davantage que le capital sur pied.
Le document de gestion
154 mutations sur 1194 franchissent le seuil de vingt-cinq hectares, soit 13 % : le document est ici la norme, et son absence se remarque.
Le statut réglementaire
Zonages, servitudes, indivision, bail rural, et en Sologne les contraintes attachées aux zones humides, aux étangs et à la réglementation des clôtures.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 240 ventes par an de plus d’un hectare. Les communes les plus actives sont Le Controis-en-Sologne avec quarante-cinq mutations en cinq ans, Villefranche-sur-Cher trente-deux, Gièvres vingt-sept, Langon-sur-Cher vingt-six, Pruniers-en-Sologne vingt-cinq, Pierrefitte-sur-Sauldre et Châtillon-sur-Cher vingt-deux. Toutes se situent en Sologne. Les plus grandes opérations se situent à Brévainville, deux cent cinquante-six hectares, à Selles-Saint-Denis, deux cent quarante-sept, à Mur-de-Sologne, deux cent trente-neuf, à Pierrefitte-sur-Sauldre, deux cent vingt-huit.

Trois profils se le partagent. Les acquéreurs de propriétés de chasse, majoritairement parisiens, fixent le prix et absorbent le segment de dix à cent hectares. Les investisseurs et les groupements forestiers sont présents sur les grands ensembles sans dominer. Les professionnels du bois achètent du capital sur pied à des niveaux sans rapport avec le foncier local.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est que le Loir-et-Cher n’est pas un département cher en forêt, il est cher en chasse. Le rapport de quinze scieries pour le quatrième volume échangé de France le démontre plus sûrement qu’un argument. Un propriétaire qui invoque 9 983 €/ha dans une succession ou une déclaration d’impôt sur la fortune immobilière doit savoir que ce niveau ne se justifie par aucune production et que la motivation devra porter sur le territoire cynégétique.

Le deuxième point est l’ajustement du haut de marché. Le cœur du marché solognot résiste, mais les biens les plus valorisés se sont ajustés. Un vendeur qui se réfère à 2021 ou 2022 se réfère à un niveau que le marché n’a pas retrouvé.

Le troisième point est la dépendance à un facteur unique. La valeur solognote repose sur la demande parisienne de territoires de chasse. Cette demande est réelle et ancienne, mais elle est concentrée sur un profil d’acquéreurs restreint et sensible à la conjoncture, comme le montre le repli du Gâtinais et du Loiret. Une propriété dont la valeur repose entièrement sur cet effet est plus exposée qu’il n’y paraît.

Le quatrième point est réglementaire et propre à la Sologne. Les clôtures, les étangs et les zones humides font l’objet de contraintes spécifiques dont l’évolution peut affecter directement la valeur d’usage d’un territoire de chasse. Ce risque se vérifie parcelle par parcelle, pas au niveau du département.

Faire évaluer une forêt en Loir-et-Cher

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où la chasse fait le prix, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, d’apprécier séparément le territoire cynégétique, ses équipements et son plan de chasse, et de dire au client ce qui, dans le prix qu’on lui propose, relève de la forêt.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Loir-et-Cher.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt en Loir-et-Cher ?

Le prix médian constaté s’établit à 9 983 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 194 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 82 % au-dessus de la médiane nationale. C’est le dix-septième département le plus cher de France. La moitié des transactions se situent entre 4 563 et 22 403 €/ha.

Pourquoi la forêt se paie-t-elle si cher en Sologne ?

La cote de la Sologne s’établit à 14 344 €/ha. Nos conseillers l’expliquent sans détour : la demande se fait sur la chasse. Avec 22 793 sangliers prélevés en 2024, quatrième tableau national, et 2 840 cerfs élaphes, le département offre des territoires constitués à moins de deux heures de Paris.

À partir de quelle surface le prix change-t-il en Loir-et-Cher ?

Le seuil se situe à dix hectares. En dessous, la médiane est de 7 548 €/ha ; entre dix et vingt-cinq hectares, elle atteint 18 410 €/ha, sur cent cinquante et une ventes. C’est la taille à partir de laquelle un territoire de chasse devient autonome, et le segment le plus disputé du département.

Le prix de la forêt baisse-t-il en Loir-et-Cher ?

La médiane progresse de 8,4 % entre 2021 et 2025, mais le Le cœur du marché solognot résiste tandis que les biens les plus valorisés se sont ajustés, dans un mouvement comparable à celui du Gâtinais et du Loiret voisins.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt en Loir-et-Cher ?

Quatre vérifications s’imposent : la consistance du territoire de chasse, clôtures, étangs, miradors et plan de chasse attribué, la valeur réelle du capital sur pied, souvent modeste, les contraintes réglementaires attachées aux zones humides et aux clôtures solognotes, et la date des transactions comparables invoquées, le haut du marché s’étant ajusté depuis 2022.

Ce que en Loir-et-Cher on paie et ce qu’une propriété vaut sont deux questions distinctes : la seconde relève de l’évaluation forestière, qui mesure les peuplements avant de conclure. Notre rapport sur le prix de la forêt en France donne le repère national et le rang du département ; la page du plan simple de gestion donne le document qui l’accompagne sur dix à vingt ans. Le panorama des massifs forestiers de France situe Sologne, Gâtinais ou Perche, le lexique forestier définit les termes, et vendre sa forêt décrit la cession.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent